Rémunération à la parution : la pratique qui fait débat

Rémunération à la parution : la pratique qui fait débat

Depuis que je me suis lancée en freelance il y a maintenant presque 6 ans, j’ai été régulièrement confrontée à la question de la rémunération à la parution. C’est une interrogation récurrente dans la vie d’un.e attaché.e de presse indépendant.e, et peut-être même dans la vie d’une agence de relations presse. En effet, il m’est arrivé de devoir répondre à cette fameuse question « est-ce qu’une rémunération à la parution pourrait vous intéresser ? ». Le concept est simple : le consultant RP n’est rémunéré qu’en cas de parution(s). Et cette rémunération peut se révéler très intéressante, selon la parution obtenue. Cela peut donc être tentant, surtout lorsque l’on débute. Mais j’aimerais ici expliquer pourquoi il me semble ne pas être ni valorisant, ni avantageux ou profitable pour un.e attaché.e de presse de se faire payer de cette façon.

  • se faire rémunérer à la parution, c’est accepter de ne pas se faire rémunérer pour le reste de son travail : on ne valorise donc pas toute la mission avant l’aboutissement. Je pense à tout le travail en amont : la création des supports de communication (communiqués de presse, dossier de presse), la création des fichiers, l’envoi, les relances, l’organisation d’interviews, de déjeuners, les demandes des journalistes… Et c’est un travail de titan !
  • être payé.e en fonction des résultats obtenus, c’est également ne pas être payé justement : comment valoriser une parution plutôt d’une autre ? Selon les différents supports, les différents formats, les citations, la durée du reportage, la mise en concurrence avec un autre sujet, l’audience…
  • être rémunéré.e aux résultats, c’est également prendre le risque de ne pas être payé.e du tout. Car ne l’oublions pas, l’attaché.e de presse ne maîtrise pas toute la chaîne de décision : ce n’est pas nous qui avons la décision finale concernant la validation des sujets. Même si l’on croit à 200% dans les sujets sur lesquels on s’engage, on ne peut JAMAIS garantir les résultats.
  • c’est également ne pas tenir compte de ce que l’on ne maîtrise pas. En cas d’actualité brûlante, de crise, d’info majeure (et ces derniers mois ont été une bonne leçon), toutes les cartes sont rebattues et les RP se retrouvent complètement bouleversées, tous les plannings de parution, les reportages prévus, les sujets validés sautent un à un et l’on ne maîtrise plus rien.

Ainsi, il me paraît donc logique de ne pas plébisciter cette rémunération. Si elle peut paraître tentante pour le.la client.e, ça je l’entends, il faut cependant réfléchir sur le long terme. Les relations presse sont un travail de longue haleine, et pour garder son.sa RP motivé.e, il faut savoir reconnaître et valoriser l’intégralité de sa mission.

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